9/5/2009 - Mon parcours de Jazz
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Mes parents m'ont transmis l'amour de la musique, même si leur musique à eux, c'était la grande, avec un grand penchant pour Mendelssohn pour mon père violoniste, et pour Chopin pour ma mère pianiste et chanteuse, tous deux amateurs éclairés. Le week end, leurs amies arrivaient avec leurs violoncelle, alto..., et nos voisins d'immeuble à Levallois Perret, ville à l'époque encore assez prolétaire, pouvaient s'initier à la musique de chambre sans autre frais.
Mes parents me firent naturellement suivre des cours de piano, mais ma carrière de pianiste apprenti se termina brutalement à dix ans,quand je voulus proposer à mon professeur de travailler des partitions de ... boogie woogie que j'avais achetées en Angleterre. Nous n'écoutions pas de jazz à la maison, mais j'eus l'étincelle chez des amis de mes parents chez lesquels leur fils me fit écouter le 78 tours Vogue (étiquette rose) des Oignons de Bechet... La contagion ne devait jamais se démentir...
Un peu plus tard, lycéen à Saint-Cloud, nous organisions des surprises parties "Teppaz" dans une vraie cave voûtée avec cinq copains. La musique, dans les années 1959, c'était encore Armstrong, Bechet.... et nous décidâmes de nous lancer dans le "live"! Un tirage au sort de papiers pliés en quatre dans un chapeau haut de forme me fit tirer "saxophone"....

Comme dans la chanson de Vian et Salvador "Trompette d'occasion", je fonçai aussitôt louer un saxophone..... soprano, Bechet oblige, avec mes petites économies...Dès lors, je me retirais chaque soir dans les combles, sans aucune aide ni manuel, et appris peu à peu à maîtriser la bête! (Si je peux me permettre un conseil, commencez avec un bon saxo alto, et pas un soprano au rabais....)
Mes camarades de la cave n'avaient pas vraiment persévéré dans leur apprentissage, et je continuai à jouer tout seul dans la salle de bains (ça résonne mieux!).
Mais des étudiants de l'ENS de Saint Cloud m'entendirent jouer, alors que j'essayais toujours désespérément d'imiter Bechet... et décidèrent que, même si le fils du directeur avait quatre ans de moins qu'eux, il valait peut-être d'entrer dans leur orchestre... J'entrai donc dans la "Bande au Léon", composée de grands esprits, candidats à l'agrégation, dans diverses disciplines... alors que j'étais en première au lycée!
 J'avais gardé une certaine aversion pour le solfège et la musique "officielle", et comme j'avais appris tout seul d'oreille, je jouais tout en Sib sur mon soprano.... Comme mes camarades normaliens supérieurs en avaient les moyens, nous nous produisions ... en sib dans de nombreux évènements festifs étudiants. La fête se terminait d'ordinaire très tôt aux Halles.... au Pied de Cochon ou ailleurs. Quelle belle vie!
Mais, "hypo" puis "taupin" malgré moi, ces réjouissances allaient quelque peu à l'encontre de mes envahissantes humanités....
Pire, encore, mes grands camarades, maintenant brillants "agrégés", quittaient alors l'école pour de nouvelles aventures... Nous gravâmes donc, avant de nous séparer, et en pensant aux générations futures, le 33 tours dont vous voyez la couverture, pas encore très sophistiquée, mais, pour l'époque...

Avant celà , nous avions joué à la ""Nuit du Bois, la soirée annuelle de l'Ecole Supérieure du Bois, engagés sur ce contrat par mon quasi frère, Pierre Marie Desclos, lui-même élève de cette belle institution. L'amibiance fut si mémorable que je décidai de me porter candidat au concours de cette petite école, à côté de Centrale...., ce qui changea le cours de ma vie.
L'éclatement de l'orchestre, et mon intégration volontaire à l'ESB, grandement orientée par la convivialité observée lors de la Nuit du Bois ci-dessus évoquée, me laissa sans orchestre. Je saisis alors toutes les opportunités de jouer. Je passai ainsi des galeries du métro à la fanfare des Beaux Arts où je fis des remplacements, et à l'orchestre de l'école des Ponts et Chaussées où je vécus de chauds moments en Avril - Mai 68....
Devenu ingénieur, silence jazz pour deux ans de coopération technique à l'Office des forêts es qualité de "coopérant technique" à Tunis en lieu et place d'une conscription "ordinaire" en France.
Il fallait enfin construire une carrière professionnelle, et 20 ans suivirent à Rochefort sur mer (17), sans beaucoup de musique... Les saxos ne servaient plus qu'une ou deux fois par an..... pendant lesquels je passais ma vie en voiture, en train, puis en avion, à la recherche d'on ne sait quoi. Heureusement, je jouais de temps à autre avec José Cando (Pierre Audouit) et son orchestre, remarquable clarinettiste / soprano. Leur New Rochelle Jazz Band était vraiment (et semble toujours être....!) une bonne bande de copains.

Poursuivant ma vie d'ingénieur en Sologne dans les années 90, dans le Centre, je repris le Jazz activement. J'eus la chance de trouver à Salbris de bons guitaristes, initiés au jazz à ce qui correspondait à ma MJC locale, un très bon batteur, émule de la méthode Agostini, et une superbe chanteuse.... Ils étaient tous beaucoup plus jeunes que moi....
Le premier Jazz for Fun était né, avec Eric Souchu (dms), Manu Benoist (bg), Patrick Leboul (g), Philippe Ménager (g), et Catherine Simon-Clément (voc).
 C'est alors que je travaillai vraiment le saxophone, tout en essayant de transmettre mon amour du jazz à mes camarades.
Après quelques années de bonne musique, l'orchestre fut dissous parcequ'il fallait que mes amis vivent leurs propres rêves!
Je fis ensuite la connaissance de Christian Monciardini à Orléans. C'était un bon tromboniste, très pédagogue, qui réunissait autour de lui de jeunes musiciens de la région pour leur inculquer les fondements du jazz, et leur faire partager sa passion.
 J'appris avec lui la plupart des standards que je joue aujourd'hui. Nous répétions régulièrement, et nous nous produisions localement de temps en temps. Cela dura quelques années, jusqu'à ce que l'orchestre soit dissous suite au départ de certains, et à la lassitude de Christian.
A nouveau sans orchestre, c'est alors que je fis la connaissance il y a une dizaine d'années, par l'intermédiaire de Ted Scheips et Michel Bitot, de musiciens gravitant autour de Christian Viénot.
Christian Viénot est une figure importante du Jazz en France. Voir le petit artiche publié à son sujet sur ce blog. Depuis près de dix ans, donc, nous nous réunissons très régulièrement autour de Christian pour jouer pour le plaisir. Les participants n'ont pas changé, et c'est toujours jean-François Aouillé au piano, Michel Taveau à la contrebasse, Jean-Pierre Hubert à la batterie... et moi aux sax ténor, soprano et alto.... Parallèlement, je continue à jouer avec Jazzimmo, orchestre réuni par Jean-Paul Helbling, qui se produit dans différentes configurations, le plus souvent avec la participation d'Eric Luter.
Et, voici maintenant deux ans, Jazz for Fun! a été créé sous forme d'un quartet, noyeau dur d'une structure plus flexible. Je joue avec cette très bonne section rythmique avec Bernard Mercier au piano, Michel Taveau à la contrebasse et Michel Pajon à la batterie.
Nous avons sorti notre premier CD enregistré en live à la maison en Mai 2009.
A suivre.....
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