Les syndicats de notre pays se sont repliés sur leur coeur de cible, les salariés les plus favorisés, bénéficiaires de l'incurie de l'Etat quand il s'agit de gérer des entreprises (SNCF, EDF, GDF, La Poste, Crédit Lyonnais....). Bien sur, certaines ont réalisé de grandes choses, mais à quel prix ? C'est toujours plus simple quand les crédits sont illimités!
J'entendais l'autre jour à la télévision un dirigeant de Sud rail affirmer que les salariés du privé, parvenus à la retraite, touchaient en moyenne 85% de leur dernier salaire, soit plus que les cheminots... Il n'y a pas eu, que je sache, de démenti des autres CGT, CFDT, etc....
Je n'ai pas souvenir d'avoir entendu ces messieurs faire autant de bruit, l'été pendant lequel Monsieur Balladur avait porté sans préavis la barre à 40 ans, et décidé du nombre d'années de salaire sur lequel serait calculée la retraite des salariés du secteur privé. Il avait d'ailleurs terriblement manqué de courage en oubliant.... les fonctionnaires... et les régimes spéciaux, ce qui est pour le moins lamentable.
Mais la durée de l'espérance de vie augmentant, il fallait bien le faire... et seule l'exclusion des salariés ou ex-salariés de l'Etat venait démontrer, une fois de plus, que celui-ci était bien incapable de gérer efficacement... Mais Sarkosy, élu sur son programme, essaye de remédier au manque de courage de ses prédecesseurs.
Pour avoir passé ma (longue) vie de travail dans l'industrie manufacturière, je peux dire à ce syndicaliste (et aux autres) que la vie des ouvriers me parait bien aussi pénible que celle des conducteurs de trains (j'en connais), et autres favorisés. Dans l'industrie et ailleurs, on travaille aussi en équipes, souvent les week-ends, dans des conditions souvent pénibles (station debout, travail en plein a, charges, bruit....) qui sont parfois bien éloignées de celles qui règnent dans une cabine de conducteur de train, ou d'une centrale électrique...
Monsieur le syndicaliste de SUD, pour revenir aux salariés "ordinaires", s'ils ont eu la chance de ne pas être au chômage, ils peuvent alors espérer toucher 60/70 % de leur dernier salaire en moyenne, au bout de 160 trimestres (actuellement) de travail.
Ils auront vécu dans la crainte du chômage pendant toute leur vie, et particulièrement ces dix dernières années, du fait des délocalisations et de la mondialisation des échanges. Cette désagréable sensation aura été épargnée à nos valeureux grévistes, qui n'ont même pas idée de ce qu'est la vie dans ces conditions. Tant mieux pour eux.
L'argument sans cesse martelé à la télévision de leur responsabilité accrue résultant de la grande vitesse des trains venant contrebalancer les avantages acquis du temps de la vapeur, est fallacieux. Contrairement aux routiers, chauffeurs de cars et de bus, les trains roulent sur des rails, et sont heureusement très automatisés.
Le fait que la seule ligne de métro demeurant en fonctionnement soit celle-là même qui a été complètement automatisée ne peut m'empêcher de penser que le "next move" pourrait bien être l'extension de la dite automatisation... C'est ça, la vraie vie de notre époque (triste de ce point de vue, j'en conviens volontiers).... et tout ceci montre comment on peut scier la branche sur laquelle on est assis.
Quant aux étudiants, je pense qu'ils feraient mieux d'étudier plutôt que passer leurs journées dans la rue. J'ai terminé mes études d'ingénieur en 1968, et je connais, pour l'avoir vécue, l'agitation politique d'extrème gauche qui est derrière ces mouvements, ainsi que l'ambiance bouillonante, mais factice qui entoure les manifestations des petits grands soirs sans lendemains contre les CRS!
Pourtant, notre monde a beaucoup changé, et, maintenant, qu'on le veuille ou pas, c'est le "que le meilleur gagne", de la mondialisation qui domine,... et non une réthorique révolutionnaire bien surannée!
C'est vrai que les facs sont souvent un peu délabrées, et manquent de moyens.... mais c'est une raison de plus pour qu'elles soient réformées. Pour avoir passé deux ans à étudier dans une fac aux USA, je peux dire que l'industrie y était le moteur du développement en apportant les fonds nécessaires à la recherche et à son fonctionnement!
Pour en revenir à nos bienheureux grèvistes (et syndicalistes) favorisés, j'espère qu'ils finiront rapidement par se rendre compte du monde dans lequel nous vivons tous.
Et quand je rencontre parfois des retraités encore très jeunes issus de ces niches favorisées, je me demande comment le but d'une vie de travail peut se résumer à en sortir le plus vite possible... Les journées ont dû paraître bien longues...
Devenir pêcheur à la ligne à plein temps à 50 ans, c'est bien quand il y a du poisson, et qu'on a quelque chose d'autre dans la tête que .... la quille!
En attendant mieux, un peu de réalisme est nécessaire, vite! Merci.
J'ai
lu attentivement votre commentaire sur l'article que j'avais écrit sur les
grèves. Nous ne sommes pas du même avis sur la question, mais j'apprécie vos
arguments.
Je
ne me sens pas du tout un apôtre du capitalisme à outrance, pas plus qu'un
supporter de Bush.
J'essayais
tout simplement de réagir au fait que les gens qui manifestent, en faisant
souffrir les plus pauvres et les autres, sont justement les moins défavorisés!
(voir à ce sujet les statistiques sur les espérances de vie des diverses
populations).
Votre
exemple des employés de la poste ne tient pas: Non seulement les salariés que
j'ai pu connaître dans ma vie ne savaient pas de quoi leur avenir serait fait,
mais, en plus, leur salaire n'était pas ou peu lié à l'effort qu'ils pouvaient
fournir.
Le
fait que la jeunesse soit, selon vous, abrutie par le marketing, j'ajouterais
par le biais de la télévision, me parait avéré. Mais ce phénomène nous échappe.
J'ai, pour ma part un projet personnel de développer un logiciel qui couperait
la télévision à chaque publicité, ce qui est facile à réaliser puisque les
décibels augmentent à chaque spot...
Pour
ce qui est des étudiants, il serait stupide que l'Etat se retire de
l'université. Simplement, l'entrée de capitaux privés permettrait de trouver
des financements à la recherche, l'état continuant à alimenter les sujets moins
directement utilisables par l'industrie et autres domaines dégageant des
moyens.
Ceci
permettrait de multiplier les postes d'assistants et stimulerait la recherche.
Quant à la sélection, pensez-vious qu'il soit normal que les 80% de bacheliers
continuent à entrer à la fac sans autre évaluation? Je ne le pense pas.
Sans
vouloir prendre les USA comme modèle (je vous vois venir!), je peux vous dire que
la majorité des "graduate students" avec lesquels j'ai cohabité
pendant deux ans n'avaient pas d'argent, et payaient l'université par des
petits boulots, et par des emprunts bancaires. Les étudiants qui réussissaient
étaient embauchés avant la fin de leurs études, et leurs employeurs
remboursaient les emprunts.
Vous
me parlez d'étudiants qui vivent sous une tente... Oui, peut-être... C'est
désolant. Mais j'ai partagé mon bureau à la fac avec un étudiant américain qui
n'avait pas d'argent, et avait fait le bûcheron pendant trois ans... pour payer
ses études. Non, je ne fais pas l'apologie de ce système, mais....L'université dont je parle coûtait déjà 2000
€ par trimestre! Les meilleurs étudiants n'avaient pas à le payer. Bien sûr,
c'est de l'élitisme...
J'ai
eu plaisir à vous lire. La différence entre jugement et appréciation me parait
illusoire... et, êtes-vous si sûr de ne pas me juger en me donnant une leçon de
"justice", et en m'indiquant la route à suivre ?
Je
vous souhaite de réussir, et de gérer votre entreprise selon vos préceptes,
tout en lui préservant sa rentabilité, ce qui est le propre de la démarche.
Bien
à vous,
Un
ingénieur frais retraité, informaticien militant... et musicien à ses heures.
Je lisais votre article sur les grèves. Je
suis bien étonné de retrouver de tels propos engagés dans un blog de ce
genre.
Mais je crois que vos commentaires en disent
long sur la France d'hier, d'aujourd'hui et de ce qu'elle sera
certainement demain.
Vous citez le mois de mai 68 et
vous essayez de le raccrocher à 2007.
Vous citez
Sarkozy et vous essayez de le raccrocher à Bush et à sa politique
libérale laissant place nette aux capitaux
privés.
Vous opposez les gens de l'extrême gauche à
ceux de "droite".
Vous comparez le bruit que procure
un marteau piqueur à celui d'un clavier
d'ordinateur...
A l'aide de ces comparaisons vous ne
trouverez forcement aucun ou peu de
détracteur. De telles evidences peuvent vous rapprocher du monde
politique et faire de vous un grand homme.
Vous
ne comprenez pas pourquoi une personne travaillant à la poste et qui
voit passer 50 individus par jour pour retirer un recommandé veut
cesser son travail plus vite qu'une personne qui est responsable de la
photographie dans une agence de communication. Quel
dommage!
Votre motivation n'a t'elle pas été en
partie animée par votre salaire du secteur privé...
Essayez de
réflechir un peu... Et demandez vous ce que vous auriez pu faire si on
vous avait annoncé la chose suivante au début de votre carrière
:
"Monsieur, que vous fassiez 10,20,50 ou 100
personnes par jour votre salaire ne sera augmenté que de 25 euros par
an soit 250 euros en 10 ans."
Ah!! je
devine votre réponse :
1 - vous quittez la fonction publique
(si vous en avez la possibilité).
2 - Vous ferez 10 clients
pendant 40 ans.
3 - Vous ferez 10 clients pendant 40 ans et en
plus vous risquez d'être peu aimable avec le
public.
Pourquoi ne vous soulevez vous pas contre
une jeunesse qu'on abruti avec des marques et des repères de plus en
plus déments? (merci Sony, Nike, BmW...) faisant le bonheur des
investisseurs et votre malheur à les regarder brûler des voitures. Ces gens on ne veur pas les voir dans nos entreprises ou près de nos maisons mais quand il faut les faire dépenser pour le compte de holding, tout le monde fonce.
Pourquoi ne parlez-vous pas des étudiants qui
logent sous des tentes par manque de moyen... Pensez vous vraiment que
les capitaux privés vont améliorer les choses. Je vais vous donner un
début de réponse...
Non seulement ils n'arrangeront pas le
sort de ces étudiants en peine mais en plus cette gestion privée les
aidera juste a faire leurs baguages un peu plus vite. Cette méthode
n'aidera que les gens qui pourront s'auto-financer.Enfin Monsieur du
privé, connaissez vous une seule entreprise qui serait prête à payer ou
à financer un étudiant qui ne pourra pas payer ses cotisations
annuelles. Cette méthode, je vous le dis, sera extrêmement selective.
Maintenant que vous n'aimiez ou que vous ne
compreniez pas les grévistes, cela peut se comprendre. Mais ne vous
arrêtez pas à votre seul vécu.
La vie vous a donné peut être
beaucoup de chance et vous avez certainement beaucoup travaillé . Cela
vous donne une liberté de penser, de vous assumer, d'avoir des
loisirs...
Les syndicats aident les autres qui ne
vous ressemblent pas.
Cette différence on peut la
combler seulement si nous cherchons à comprendre l'autre et
non pas à le juger.
Il y a des blancs et des
noirs
des riches et des pauvres
des instruits et des
analphabètes
du privé et du public
des forts et des
faibles
le medef la cgpme et la
cgt..
Votre texte est un jugement et non une
appréciation. Vous regardez le monde du haut de votre tour de Babel à
l'image de Sarkozy en pensant que tout serait normal si tous les gens
vous ressemblaient.
Sans vouloir vous donner la
leçon, c'est faire fausse route.
Bonne musique à
vous
Un chef d'entreprise, non syndiqué
supportant un monde juste, propre et équitable.
le blog de Thierry Ulrich et site de Jazz for fun:
Entre Sologne et Golfe du Morbihan, famille, amis , le saxophone jazz, les concerts et prestations, l'informatique, le bois... en français ou en anglais